Mentir ne fait pas de nous des menteurs

Trois choses m’ont donné envie d’écrire cet article: la saison 2 de Westworld, la CNV et l’un des rêves du chef d’oeuvre qu’est le jeu vidéo Lost Odyssey. Eh non, je n’ai pas mentionné le « Everybody lies » de Dr House. Bien que j’apprécie beaucoup cette citation.

Le récit collectif typique a tendance à associer le mensonge à quelque chose de mal, à commencer par Kant et ce qu’il semble dire sur l’impératif catégorique (« TU DOIS DIRE LA VERITE EN TOUTE CIRCONSTANCE PEU IMPORTE LE CONTEXTE ! »). Le mensonge, ça serait l’apanage des menteurs, des manipulateurs, des gens malveillants et  profiteurs, qui veulent exploiter la naïveté et la gentillesse des gens comme des vampires.

Bref, les gens qui mentent, ce sont les méchants, ceux qu’il convient de rejeter, de culpabiliser, de punir. Je vais essayer d’expliquer pourquoi, d’après moi, cette vision du mensonge est une profonde antitélie, c’est à dire une vision contre productive.

Voyez cet article comme un manuel de manipulation, essentiellement à destination de ceux qui ont peur des menteurs: cela pourra vous aider à mieux comprendre comment le mécanisme peut fonctionner, et donc vous en protéger. D’autre part, je formule le souhait que cela vous aide à développer votre capacité à entrer en empathie avec tous les gens qui ont pu vous mentir durant votre vie. Si ce n’est pas le cas, j’en suis littéralement désolé, car je sais combien il est inconfortable d’être prisonnier d’un triangle dramatique.

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Westworld: Quand le mensonge devient nécessité

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« You were the only one that was good at lying »

Bon, pour ceux qui n’ont pas vu la série, je vais éviter de spoiler en en disant tellement peu que personne ne pourra comprendre de quoi je parle, même s’il est en train de regarder la série.

Je voulais commencer mon article sur le mensonge par cette citation qui m’a beaucoup marquée, notamment parce qu’elle faisait écho à une histoire que je me suis toujours racontée, et que je racontais aussi aux autres au passage. C’était l’histoire que je ne savais pas mentir, et du coup, que je mentais très mal, quand j’essayais de le faire.
C’était un peu frustrant, pour moi, parce que du coup, je ne pouvais rien cacher aux autres, ça se voyait sur mon visage, quand je mentais. Je n’étais pas crédible.

Pour cette raison, personne dans ma famille ne m’a cru quand j’ai dit que je m’étais mal garé dans le chemin près du champ ou je m’étais embourbé avec la voiture. Pourtant, j’avais essayé d’être crédible, hein. Mais même si personne n’a rien dit,  j’ai bien senti que personne ne m’a pris au sérieux. Ma famille a du se raconter l’histoire que j’étais « encore au téléphone au volant » et du coup que j’ai été tout droit dans le chemin au lieu de tourner à droite sur la route. Parce que cette hypothèse leur semble plus crédible que le narratif que je leur ai sorti (qui étais que je m’étais juste garé trop à droite en voulant m’arrêter pour répondre au téléphone). Cette hypothèse est fausse aussi, cependant, peu importe, ce n’est pas l’objet de cet article. L’important est de retenir que je ne savais pas mentir.

En réalité, si je ne savais pas mentir, c’est tout simplement parce que je n’en avais jamais eu besoin. Je me sentais suffisamment en sécurité auprès de ma famille pour être ok avec le fait qu’ils comprennent que je mentais. Ce n’était pas très grave, au pire je passais pour un con, et voila, ca n’irait pas plus loin. Par la suite, j’ai été confronté à une situation beaucoup plus complexe à gérer dans ma vie.

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 Je tiens pour commencer à ouvrir une parenthèse:

(Je n’écris pas cet article pour me victimiser, ou décrire un triangle dramatique. Je suis conscient que c’est une mise en récit partiale, par souci de simplicité et de concision. Donc il n’est pas nécessaire de faire de la psychologie de comptoir sur ce que j’aurais du faire, ce qui est intéressant ici, c’est ce que j’ai fait. Si cela vous agace, vous n’êtes pas obligé de lire cet article. Si vous avez envie de me culpabiliser en me reprochant d’avoir mal agi durant cette période, je vous prie de foutre le camp de mon blog. Evidemment que je regrette certains de mes choix, cependant, ce n’est pas le sujet ici.)

Une situation ou mes faits et gestes étaient contrôlés, ou les conversations que je pouvais avoir avec mes amis et ma famille étaient surveillés et lus, en mon absence et en ma présence. Une situation ou je pouvais passer une soirée à être interrogé sur tout ce que j’ai pu dire, tout ce que j’ai pu penser, tout ce que j’ai pu faire durant ma vie, mon passé. Une absence de réponse n’était pas acceptable, même a une heure du matin en pleine semaine. Bref, une relation violente, quoi. Cependant, ce n’était pas qu’une relation violente, c’était aussi une relation ou il y avait (et ou il y a toujours) beaucoup d’amour.
C’est parce qu’il y avait beaucoup d’amour dans cette relation, que nous étions tous les deux blessés par notre histoire de vie, et parce qu’on manquait encore de compétences relationnelles que la violence a atteint de telles proportions. C’est quelque chose qui ne pourrait plus arriver  aujourd’hui, ni dans ma vie ni dans la sienne, car nous avons tous les deux acquis depuis de nouvelles compétences permettant de désamorcer la violence.

Bref, toujours est-il qu’à l’époque, la violence prenait de telles proportions qu’on est allé jusqu’à être confrontés à des enjeux de vie et de mort. C’était une époque ou :
1) La vérité était insupportable pour l’autre
2) Je ne voulais pas perdre l’autre, ni courir le risque qu’il ne s’inflige la mort par excès de souffrance morale
3) J’avais envie de prendre soin de l’autre au quotidien en vivant à ses côtés, et qu’il prenne soin de moi au quotidien en vivant à mes côtés

A ce moment là, je me sentais coincé entre d’une part ma volonté d’apaiser les tensions dans la relation, et en même temps, je constatais chaque jour que c’est avec la réalité que l’autre avait un problème. C’est la réalité que l’autre ne pouvait pas accepter.

J’aurais pu m’en foutre, j’aurais pu lui balancer la vérité à la gueule, prendre le risque de la voir mourir, et de perdre au passage l’une des choses qui donnait le plus de sens à ma vie. J’aurais pu faire le choix d’être transparent et honnête, de laisser l’autre avec sa douleur, et de prendre le chemin de la solitude. Je n’ai pas eu ce courage (ou cette folie). Alors, j’ai fait le choix de mentir.

Sur le moment, j’avais plutôt l’impression de ne pas avoir le choix. Parce que j’étais terrifié à l’idée de perdre la personne que j’aimais si intensément et qui m’aimait si intensément (à ce moment là, dans mon expérience, c’était comme de perdre le sens de ma vie, et me condamner à devoir attendre de mourir en n’ayant pour tout avenir qu’une carrière solitaire visant à transmettre la CNV au plus grand monde). Et parce que j’étais convaincu que si j’étais honnête et transparent avec cette personne qui m’avait dit clairement ce qu’elle ne pouvait pas accepter de ma part, alors j’allais la perdre. Ce qui était terrifiant. Je ne pouvais donc pas être honnête. Je ne pouvais que mentir. Ce que j’ai fait.

***

Etre doué pour mentir ? 

La version longue de la citation de Westworld dit ceci (je cite de tête):
« J’ai toujours pensé que nous étions entourés de menteurs pathétiques, et je t’ai aimé parce que j’avais l’impression que toi, au moins, tu ne mentais pas. Je me suis rendu compte qu’en vérité, tu étais le seul qui était doué pour mentir. »

Ça n’a pas été facile, de lui mentir. Elle avait une sensibilité, un instinct et une expérience de l’humain d’une rare qualité. Non seulement j’étais nul pour mentir, mais en plus, elle était extrêmement brillante pour identifier et débusquer les mensonges. C’était terrible. Terrible parce que j’étais terrifié à l’idée que la vérité fasse partir cette personne, que j’aime, de ma vie.
L’expérience de la trahison lors de relations passées l’avait rendue paranoïaque, et la seule solution pour pouvoir lui mentir, c’était de devenir plus paranoïaque qu’elle encore. Ce que j’ai fait, sans aucune joie…

J’ai compris qu’il fallait en gros deux ingrédients pour être un bon menteur (outre les compétences cognitives et empathiques évidemment nécessaires pour anticiper les pensées et émotions des autres, et les emprisonner dans une réalité parallèle, un « sous cadre hypnotique »):

Cloisonner sa vie en différentes cases hermétiques (isoler certaines données du cadre hypnotique que l’on construit pour l’autre)
Savoir s’auto-hypnotiser, se persuader soi-même (afin que quand l’autre personne nous sonde, il n’y ait rien d’autre à trouver que le cadre hypnotique dont on s’est soi-même persuadé qu’il était la réalité)

Un bon menteur est une personne qui, temporairement, est capable de croire lui-même à son mensonge. Afin qu’au moment de mentir, il soit en fait en train de dire à ses propres yeux la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Ceci parce qu’il s’est préalablement enfermé lui-même dans une illusion, qui va lui permettre de donner à l’autre l’impression que cette illusion est la réalité, même en lui parlant droit dans les yeux. 

Les mauvais menteurs ont conscience de mentir au moment ou ils mentent. C’est pour cela que leurs mensonges entraînent un stress dans leur organisme qu’on peut mesurer via la réponse éléctrodermale à ce stress (augmentation de la transpiration à la surface de la peau, du rythme cardiaque…). Les bons menteurs se connectent à quelque chose de vrai, de sorte qu’au moment de parler, ils disent la vérité. 

La meilleure censure n’est pas la rétention d’information. La meilleure censure consiste à noyer les données pertinentes dans un flot de données non pertinentes, afin que l’autre soit saturé cognitivement et ne puisse plus distinguer ce qui est pertinent de ce qui ne l’est pas.
On lui donne tellement d’os à ronger qu’il finit par ne même plus savoir vers quel os se tourner et cela le rend beaucoup plus vulnérable aux suggestions hypnotiques. Cependant, cela peut se voir, quand l’autre a l’habitude de faire face à des mensonges.

***

Mentir m’a permis de passer 2 ans de ma vie à vivre une relation très précieuse, remplie de souvenirs inestimables. L’amour que j’ai pour cette personne est immortel, et je suis à peu près convaincu que la réciproque est vraie aussi. Aucune blessure n’est irréparable, car nous sommes en vie, nous sommes la vie. 
Si j’avais été honnête dès le départ, la relation aurait duré seulement quelques semaines, voir n’aurait même pas commencé. Ainsi, malgré toute les douleurs, les craintes et les crises de nerfs qu’on a pu traverser ensemble, je ne regrette rien.

J’ai compris pourquoi j’avais menti, j’ai compris à quel point je n’aimais pas ça, et j’ai appris à crée des conditions dans ma vie pour ne plus avoir à mentir. 

J’ai compris que je voulais être aimé pour tout ce que je suis, sans devoir en cacher une partie pour être reçu comme un cadeau au quotidien. 

Je ne veux plus jamais qu’aimer soit un crime.
Et je ne veux plus jamais que la liberté soit un obstacle à l’amour.

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***

Le mensonge vu par la communication nonviolente

Pour commencer, il existe cette vidéo d’Isabelle Padovani sur le sujet :

Pour les paresseux, voici mes notes de la vidéo:

Personne ne ment. Il y a juste une personne qui dit quelque chose de différent de ma perception de ce qui Est / ce dont je suis certain / ce que je crois (= « la vérité »)

Il n’y a que trois possibilités quand quelqu’un dit autre chose que ce qui est:
1) par ignorance : il n’a pas conscience de ce qui Est
2) pour prendre soin de soi (préserver son confort émotionnel)
3) Prendre soin de l’autre (préserver le confort émotionnel de l’autre)

Si « le mensonge » n’est qu’une étiquette morale, « la vérité » aussi (étiquette morale positive posée sur l’action de dire ce qui Est)
Vérité = croyance à laquelle il est de bon ton d’adhérer

Travail de Byron Cathy: Processus d’investigation de nos jugements
1) Est-ce que c’est vrai?
2) Est-ce que c’est vraiment vrai ?

Le mot « vérité » enferme, dans quelque chose d’absolu. Ce qui Est est totalement mouvant, changeant à chaque instant. Mensonge et vérité sont une paire d’étiquettes morale concourant à une vision duelle.

Souvent on dit que la CNV ne marche pas quand on obtient pas ce qu’on veut de l’autre, qu’il ne change pas. Mais ce processus n’est pas fait pour obtenir des résultats de l’autre, pour qu’il fasse ce qu’on veut.
Ce processus est fait pour qu’on goûte une paix intérieure, indépendante du fait que l’autre continue à faire ce qui ne nous convient pas.

Pour Marshall, s’il y a des inégalités sur terre c’est qu’on arrive plus à se connecter à notre élan naturel à contribuer les uns pour les autres. Car on s’intéresse davantage aux actions des uns et des autres qu’aux intentions qui les sous tendent.

En CNV, on considère que le mensonge est une stratégie pour crée de la sécurité émotionnelle. On ne ment que parce qu’une partie de nous à peur des conséquences qui pourraient arriver si on disait la vérité.

Et considérer qu’il est de notre devoir moral de toujours dire la vérité (qu’il est lâche de mentir) est une conception pré-rationnelle absolutiste (bleue), qui ne tient pas compte du contexte. C’est absurde, parce qu’on ne peut jamais comprendre un comportement si on a pas le contexte.

***
« Ni rire ni pleurer, mais comprendre »

(On attribue cette phrase à Spinoza, mais on sait pas trop d’ou elle vient en réalité)

Le temps qui passe dans le jardin d'Eugénie

Plutôt que d’essentialiser une personne qui ment en la traitant de menteuse, prêtez attention au fait que quand vous pointez une personne du doigt pour la juger, votre main a trois doigts pointés vers vous. C’est une invitation d’une part à prêter attention à vos propres sentiments et besoins au moment ou vous jugez (pourquoi le fait que cette personne ait menti vous a trigger ? Qu’est-ce que vous ressentez en observant qu’elle a dit autre chose que ce qui est ?). Et d’autre part, une invitation à considérer le mensonge de l’autre avec une paire de lunettes girafe, c’est à dire en prêtant attention à ses sentiments et besoins, à l’intention derrière son action. 

Pourquoi cette personne a-t-elle menti ? De quoi avait-elle peur ? A quelle blessure de son passé la situation l’a renvoyée, pour qu’elle ne sache pas comment faire autrement que de mentir pour sortir de l’impuissance ?

Ces questions vous permettront d’une part à vous relier à vous même via l’auto-empathie, et ensuite à vous relier à l’autre via l’empathie. Et c’est sans doute la meilleure chose que vous puissiez faire pour retrouver le chemin de la paix intérieure.

 

Le chant de la petite menteuse…

Galeria on Behance

Lost Odyssey est mon jeu vidéo préféré. Malheureusement, il n’existe que sur Xbox 360. C’est un jeu très sous estimé. Il est au moins aussi agréable à jouer que n’importe quel final fantasy, c’est un jeu vraiment au tour par tour, et certains passages de l’histoire sont d’une profondeur que j’ai rarement vu dans un jeu vidéo.
C’est le jeu vidéo qui m’a le plus fait voyager émotionnellement, en passant par toutes les couleurs du spectre des émotions. De la colère à l’amour, en passant par la joie, la tristesse et la mélancolie…

Bref. Dans Lost Odyssey, nous incarnons un être humain immortel, Kaïm Argonar, qui est condamné à vivre et à voir les époques et les êtres naître, vivre et mourir, remplacés par d’autres, tandis qu’il demeure spectateur de cette spirale.
Dans le jeu, nous avons la possibilité de retrouver des souvenirs du héros, sous forme de rêves, des textes écrits, illustrés et accompagné de musique, qui retracent certains événements marquants.

L’un de ces rêves s’appelle « Petite menteuse » et me touche beaucoup par tout le tragique, l’amour et la beauté qu’il contient. Je vous laisse le découvrir :

***

A présent, et surtout si vous avez pris le temps de regarder la vidéo de Lost Odyssey, je suis très curieux de connaitre votre avis sur la question du mensonge en commentaire.

Vous vous en douterez peut être, c’est un sujet qui me tient à cœur, et qui en est par la même vulnérabilisant pour moi. Ce pourquoi je vous prierai de bien vouloir justifier vos narrations avec des arguments et des données, car cette part de mon passé est vivement protégée par Aliénor.

Tenue légère et discrète

4 commentaires sur “Mentir ne fait pas de nous des menteurs

  1. Merci pour cet article que je trouve bien écrit.
    J’avais déjà écouté la vidéo d’Isabelle et j’ai découvert la série et le jeu vidéo. Ca m’a donné un instant l’envie de me remettre aux séries et à ma Xbox. J’ai cherché à trouver Lost Odyssey en livre 🙂
    J’ai été touchée par le rêve de la petite menteuse, et cela m’a aidé à nourrir mon besoin de compréhension des motivations derrière le mensonge.
    Je trouve le rêve de la petite menteuse complémentaire aux 3 raisons de mensonge proposée par Isabelle. Cette vidéo développe pour moi les motivations du « Prendre soin »

    1. Merci encore d’avoir pris le temps de lire et commenter !

      Tu jouais à quoi sur Xbox ? Moi, un autre jeu qui m’a marqué, c’est un jeu que je trouvais très poétique qui s’appelait « Otoji » (sur la première Xbox en fait, ca date !)

      Le livre des rêves de Lost Odyssey, je l’ai cherché mais pas encore trouvé ! Sauf en japonais.
      Si tu as une piste, tu feras de moi le plus heureux des hommes ! C’est un livre auquel j’attribuerai autant de valeur que le petit prince, je pense… et que je pourrai lire et relire sans me lasser.

      Je suis vraiment heureux que l’article t’ait plu. A bientôt !

  2. Mes jeux favoris sur Xbox sont : Prince of Persia, Assasin’s Creed, et Mortal Combat.
    Première pensée qui immerge : Pas très CNV comme jeux

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