Favoriser la coopération en adoptant un état d’esprit de gratitude, partie II: De la mendicité à la gratitude

Cet article est la deuxième partie d’un tout, orienté sur le thème de la morale et des différents états d’esprits qu’on peut avoir face au monde, et dans la relation à l ‘autre.

Première partie

Dans celle-ci, nous allons aborder les deux états d’esprits qui, selon moi (et selon la CNV), peuvent colorer notre manière d’être, ainsi que leurs conséquences respectives.

 

Exiger de l’autre une bonté désintéressée ?
La voie du mendiant

 

On fait souvent l’éloge de la générosité et de la bonté qu’on aime à qualifier de désintéressée… Ainsi, on offrira des cadeaux et, quand l’autre nous remercie, il sera de coutume de lui répondre « ya pas de quoi », sous entendu « il n’y a pas de quoi me dire merci, je n’ai pas besoin de remerciements car je n’ai pas agi par calcul: j’ai agi de manière désintéressée » 

Cela me rappelle la lettre qu’un ancien ami avait écrit à une petite célébrité dont il espérait qu’elle préfacerait l’un de ses livres, après qu’elle lui ait suggéré l’idée qu’elle pourrait le faire.
Dans sa lettre, il lui disait « je n’ai jamais calculé notre amitié », formulation qui était si grossière qu’elle signifiait l’exact inverse de ce qu’elle disait. En sous texte, cette lettre disait : « BON TU VAS ME L’ECRIRE MA PRÉFACE OUI OU MERDE ? NON PARCE QUE J’ATTEND, LA, HEIN. C’EST QUAND TU VEUX…ON PEUT VRAIMENT PAS COMPTER SUR TOI ! »

Et ce sous texte est probablement la raison pour laquelle cette personne n’a jamais écrit la préface du livre, comme elle l’avait suggéré. Parce que la manière dont cet ancien ami le lui rappelait lourdement ne lui donnait pas envie de le faire, en fait, c’était plutôt le contraire.
C’est comme si pour elle, à choisir entre écrire cette préface ou ne pas l’écrire, il était beaucoup plus rentable de ne pas l’écrire, parce qu’elle avait le sentiment que le coût d’opportunité à payer serait trop élevé: ce serait une mauvaise coopération, qui lui coûterait plus que cela ne lui rapporterait.

D’autre part, parce qu’il était clair au vu de son insistance qu’il avait des attentes, il était probable qu’en fait, derrière cette demande se cachait une exigence. Et l’exigence, c’est toujours un rapport de force.

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***
Les deux réactions possibles face à une exigence

Face à une exigence, c’est à dire quand on ordonne quelque chose à l’autre et qu’il n’a pas le droit de refuser, il n’y a que deux réactions possibles: la soumission ou la rébellion.
Si je me soumet, je fais ce que l’autre exige de moi parce que je n’ai pas envie qu’il me fasse payer de lui dire non.
Si je me rebelle, je vais faire exprès de ne pas faire ce que  l’autre exige de moi, parce que je veux préserver ma liberté et agir guidé par mon élan.

Que je me soumette ou me rebelle, dans les deux c as, je vais retenir que l’autre est dans un rapport de force avec moi, et cela risque de diminuer mon enthousiasme à coopérer avec lui par la suite. 

 

***
Attendre de l’autre une transaction gratuite ?

Nous avons parlé de la générosité comme étant potentiellement une action désintéressée, comme si nous jetions nos ressources (du temps, de l’argent, de l’énergie) dans le vide, sans rien obtenir en échange. Est-ce bien ce qui se passe dans la réalité des interactions humaines ?

La voie du mendiant consisterait à être en quelques sortes un « vampire relationnel », qui prélève les ressources de l’autre sans rien lui donner en retour. Du coup, ce fonctionnement ne serait pas de type coopératif ou symbiotique, et plutôt de l’ordre du parasitisme. Un peu comme une sangsue qui prélève le sang de son hôte sans rien lui offrir en retour: c’est de l’exploitation, un processus dans lequel on chosifie l’autre qui est investi, non plus comme un semblable, mais comme une ressource naturelle (au même titre qu’une rivière pour boire, ou un poisson que l’on pêche.)

***
La solidarité est-elle désintéressée ?

J’ai une collègue qui parle souvent de solidarité comme quelque chose de naturel et évident, comme si le fait de se montrer solidaire envers nos semblables dans une société donné était un du, comme si c’était notre devoir que de venir en aide à notre prochain quand on en a le pouvoir.
Chaque fois qu’elle en parle avec le ton de l’évidence, je trouve cela surprenant.
Pourquoi donc devrions nous venir en aide à notre prochain ? La question semble peut être naïve, hein, mais j’ai envie de me la poser quand même. 

Pourquoi est-ce mal d’exploiter son prochain jusqu’à la moelle ? Pourquoi serait-ce mal de le laisser mourir dans le caniveau ? Entendons nous bien, je ne suis pas en train de dire qu’il faut laisser les gens mourir, ou ne pas les aider si on en a les moyens, c’est simplement que je m’interroge. 

Cela rejoint aussi ce que j’ai pu entendre sur le fonctionnement des ZaD: Si une personne a envie de dormir avec nous, et que nous on a pas envie de dormir avec elle, sachant que les lits disponibles sont fort limités, que doit on faire ? Se sacrifier ? Sacrifier cette personne ?
Ou encore, faut-il prendre le temps de trouver une stratégie non sacrificielle, en disant « non à sa stratégie et oui à nos besoins respectifs », comme le préconise le processus de la CNV ? (En réalité, évidemment, c’est à voir au cas par cas, on ne peut pas faire de généralité sans que cela en devienne vide de sens)

En réalité, la réponse à ces questions se trouve déjà dans la premier partie de l’article, et on peut analyser ces situations en terme de coût d’opportunité et de réputation dans le groupe social ou l’on se trouve. Nos intuitions morales ont pour but de favoriser la coopération, parce que la coopération est un avantage reproducteur: on aura accès à davantage de ressources si l’on coopère que si l’on se débrouille seul. 
Ainsi, dans l’optique de maximiser ses chances de transmettre ses réplicateurs, il convient de rembourses ses coûts d’opportunité, et de repérer les mauvaises coopérations.

La solidarité est un processus à double sens: on coopère avec la société, et en retour, la société coopère avec nous. C’est un peu comme ça, il me semble, que fonctionnent les cotisations au chômage et la caisse de retraite: c’est une cotisation solidaire : tous les salariés payent, même ceux qui ne seront jamais à la retraite. En retour, nous avons la garantie qu’en cas de difficulté, la société coopérera avec nous, et nous donnera de l’argent « gratuitement » pour nous aider à nous réinsérer « sur le marché du travail ».

Refuser d’être solidaire au sein d’une société donné (par exemple en refusant de cotiser à quelque chose pour lequel l’ensemble du groupe cotise), c’est en quelques sortes se construire la réputation d’être un mauvais coopérateur, quelqu’un qui ne rembourse pas ses coûts d’opportunité (puisqu’il est supposé pouvoir bénéficier de la solidarité du groupe sans être solidaire lui-même), et donc, quelqu’un avec qui il convient d’éviter de coopérer.
Ainsi, la solidarité, ce n’est pas désintéressé, c’est un investissement

Par ailleurs, il me semble problématique de croire que seule la générosité désintéressée est vertueuse, car elle omet la possibilité d’une relation gagnant gagnant dans le cas d’une générosité intéressée (consciemment ou non).

 

Les relations gagnant-gagnant


Comme le dit Bascar, nous sommes à l’ère des services, ou on peut construire des relations gagnant-gagnant en échangeant des biens contre des services, et tout le monde y gagne. L’important est qu’il y ait transaction, échange de valeur. Ce n’est pas juste un don désintéressé, jamais.

Le simple fait de donner à une personne l’occasion de donner du sens à sa vie en acceptant d’être aidé par elle, c’est déjà potentiellement un échange de valeur: nous on gagne de l’aide, elle gagne du sens dans sa vie.

Ce n’est donc pas gratuit (désintéressé): le sens a de la valeur symbolique. La personne est intéressée par le fait de donner du sens à sa vie avec nous comme moyen pour arriver à ses fins. C’est comme ça qu’on crée des mère Térésa ! 

Imaginons qu’une personne seule n’ait pas envie de dormir dehors, et qu’elle n’ait pas non plus envie de payer un loyer pour disposer d’un logement. On pourrait alors lui demander quelque chose comme: qu’as-tu à offrir pour justifier qu’on accepte de coopérer en te faisant profiter d’un toit dont on est propriétaire légal, dans un système sous le contrôle d’un Etat de droit ?

Il ne s’agit pas d’offrir des biens, ça peut être juste d’être sympa. Offrir de la compagnie. De la présence. Comme le font par exemple les gens qui pratiquent le couchsurfing: ils sont hébergés gratuitement chez des gens lors d’un voyage touristique, et en échange, ben, ils passent de bons moments ensemble, et c’est cool: tout le monde y gagne. Eux ont pas à payer un hôtel, et les hébergeurs rencontrent des gens sympa et passent de bons moments. 

Une transaction humaine n’est jamais purement désintéressé, sinon c’est du parasitisme, c’est à dire un sacrifice.  et que si on attend que les gens nous donnent sans rien obtenir en retour, on risque d’être étiqueté « mauvais payeur » (car ne rembourse pas les coûts d’opportunité que les autres payent pour coopérer avec nous) et en conséquence, plus personne ne voudra coopérer avec nous. Du moins, d’un point de vue darwinien.

Tout sacrifice est désintéressé : on a littéralement aucun intérêt à le faire, on ne fait qu’y perdre sans rien y gagner: c’est de la violence
Toute offrande est une transaction : on a intérêt à la faire, on y gagne quelque chose en échange de ce qu’on offre

Ainsi, peut être que l’exil d’un bouc émissaire dans les sociétés grecques n’était en fait pas un sacrifice, mais une offrande symbolique destinée à crée un sentiment de sécurité.
Après tout, on place l’offrande sur un autel sacré, c’est à dire que lors de la transaction, on retire du sens… (du genre « ah, grâce à ce rituel d’exil, nous allons apaiser le courroux des dieux ! », qui est un narratif potentiellement rassurant)

J’ai un peu l’air de prendre les grecs pour des idiots, là, je sais… et ben le pire c’est que même aujourd’hui on continue à pratiquer des rituels du même genre n_n

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Bref, l’important à retenir ici c’est que dans les transactions humaines réelles, les jeux ne sont pas à somme nulle: c’est pas comme un gâteau dont on distribue les parts et à la fin il ne reste rien.
C’est un peu comme du troc: on peut offrir des choses d’une valeur équivalente à ce dont on a besoin de la part d’autrui, sans que cela soit la même chose.

Quand je donne 1€50 à ma boulangère pour acheter 2 baguettes absolues, je suis content parce que j’ai obtenu le pain dont j’avais besoin pour me nourrir et kiffer mes tartines au beurre salé, elle est contente car elle a obtenue les 1€50 dont elle avait besoin pour pouvoir continuer à faire son travail, gagner sa vie et cotiser pour sa retraite. C’est une transaction gagnant-gagnant. J’ai troqué de l’argent contre du pain.
Et cet argent, auparavant, je l’ai troqué contre un service, en travaillant auprès d’une entreprise qui me verse un salaire: là aussi, c’était une transaction gagnant-gagnant !

Ce qui fait que ces transactions sont gagnant-gagnant, c’est parce que chacun rembourse à l’autre ses coûts d’opportunité et est donc un « bon coopérateur »: on a envie de continuer à coopérer avec lui.

Si mon patron me payait moins que ce que valent mes services, cela serait sacrificiel vis à vis de moi et j’aurais peut-être envie de changer de travail.
S’il me payait trop vis à vis de mes services, cela serait sacrificiel vis à vis de lui et il aurait peut être envie que je démissionne pour recruter une autre personne qu’il payerait moins.

Si le pain était trop cher à la boulangerie, cela serait sacrificiel vis à vis de moi et je risquerais de ne plus revenir en acheter.
Si le pain était très peu cher à la boulangerie, cela serait sacrificiel et pourrait menacer la survie de sa boutique qui ne serait pas assez rentable.

A ce stade, on peut assez facilement identifier le lien entre la moralité des individus vis à vis de leur semblables (c’est à dire la capacité à rembourser aux autres leurs coûts d’opportunité) et leur faciliter à trouver des individus avec qui coopérer: plus vous êtes un bon coopérateur, plus les gens auront envie de coopérer avec vous dans un fonctionnement gagnant-gagnant. Et à l’inverse, moins vous êtes un bon coopérateur, plus vous ferez fuir les gens, qui n’auront pas du tout envie de coopérer avec vous.

Et il me semble que la meilleure manière de s’assurer d’être un bon coopérateur, c’est d’avoir vis à vis de soi, des autres et du monde un état d’esprit de gratitude.

Rayonner de gratitude:
La voie de l’amour

evvevevevv.pngLa plus intense expression de gratitude que j’ai vu dans un film, qui est aussi un chef d’oeuvre: Whiplash (2014): A voir en VO sinon c’est 905.000€ d’amende.

***
Incarner l’amour

L’état d’esprit de gratitude consiste à incarner l’amour en action, puisqu’on est reconnaissant d’exister tel qu’on est, et également que l’autre existe tel qu’il est. Cela consiste à investir l’autre depuis l’état d’esprit selon lequel son existence dans notre vie est un cadeau. 

Cette posture à l’avantage d’être elle-même un cadeau offert à l’autre, celui de nourrir son besoin de reconnaissance. D’une certaine manière, il s’agit donc d’être celui qui donne le premier, en attribuant à l’autre de la valeur symbolique.
Or, on a tendance à aimer plus facilement les gens qui nous aiment, et qui nous le montrent par leurs actions et leur manière d’être avec nous.

Incarner l’amour permet d’être chaleureux comme un petit soleil, et donne plus facilement envie aux gens de venir se réchauffer auprès de nous. Ils seront beaucoup plus disposés à coopérer. 

On peut d’ailleurs le constater quand on croise un vrai mendiant dans la rue: quand une personne arrive et nous demande de l’argent en faisant appel à notre sens du sacrifice altruiste, peu de gens ont envie de donner, même s’ils le peuvent. 
En revanche, une personne qui joue de la musique, ou qui fait des petites blagues à tous les passants pour apporter de la joie dans leur vie en ayant une petite casquette pour récolter des pièces, on aura beaucoup plus de facilité à lui donner un peu d’argent, c’est à dire à coopérer avec lui: parce qu’il nous a donné le premier quelque chose qui nous a fait du bien, on a davantage envie de lui donner en retour. 

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***
Identifier ce dont on a besoin, plutôt que ce qui nous stimule

On en arrive au point ou on peut comparer l’état d’esprit du mendiant, qui fait fuir, et l’état d’esprit de gratitude, qui attire. Voici deux phrases différentes, qui expriment sensiblement les mêmes besoins : 

« Ah, j’en ai marre de la ville ! La tout de suite je supporte plus la pollution, le bruit, les gens. Je vais péter un plomb ! »

« J’ai besoin de nature. J’aimerais beaucoup aller me promener en forêt et m’asseoir au bord d’une rivière, et l’écouter longuement couler contre les pierres. »

Est-ce que vous sentez la différence d’état d’esprit entre les deux phrases ? Est-ce que vous pouvez imaginer la différence de réaction que vous pourriez avoir, suivant si on vous exprime la première ou la deuxième, toute chose étant égale par ailleurs ?

La première phrase est « chargée de souffre », c’est à dire qu’elle est l’expression d’une tension intérieure: on sait qu’il y a un truc qui va pas, bien que ce ne soit pas très clair. 
La deuxième phrase, quand a elle, est beaucoup plus claire, bien qu’elle soit aussi l’expression d’un besoin qui n’est pas satisfait. Simplement, le besoin est reconnu, et il peut rayonner en tant qu’il est l’expression de ce qui est  vivant en nous. D’une certaine manière, un besoin reconnu est déjà en partie satisfait. 

C’est  un peu comme si, à partir du moment ou notre besoin a été reconnu, on peut déjà commencer à envisager des stratégies pour le satisfaire, et notre circuit de la récompense peut déjà commencer à anticiper le plaisir à venir lors de la satisfaction de ce besoin. Ce qui contribue à nous détendre.

Voila pourquoi il peut être si facilitant pour son confort de vie (et celui de nos proches) que d’apprendre l’art de l’auto-empathie (apprendre à identifier ses propres sentiments et besoins de façon autonome).
Car parler de ses besoins est généralement sexy*, alors que ne parler que de ce qui va pas peut, au fur et à mesure, devenir épuisant pour les autres, dont les coûts d’opportunité ne seront pas forcément remboursés : le temps qu’ils auront passé à nous écouter nous plaindre, ils auraient pu le passer à faire autre chose de plus utile pour eux. Et ils n’avaient probablement pas le devoir de nous écouter.

Si vous dites aux gens ce dont vous avez besoin et qui contribuerait à vous rendre la vie plus belle, au lieu de ne parler que de ce qui vous fait souffrir en ayant des propos lourds et anxiogènes, il sera plus facile pour les autres de coopérer avec vous. Il s’agit d’adopter un « langage d’action positif ». Dire ce qu’on veut, plutôt que ce qu’on ne veut pas.

***
Ronronnez !

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Le ronronnement est la parfaite métaphore de la gratitude. Elle n’est pas de moi, elle vient de Padovani dans une vidéo sur le même thème.
Dans la vidéo, elle raconte qu’un jour, elle est allé chez une amie et qu’il s’y trouvait un chat qu’elle a commencé à caresser. Celui-ci s’est mis à ronronner aussi fort qu’un moteur de camion, et elle n’arrivait pas à arrêter de le caresser, tellement c’était agréable pour elle de le voir prendre son pied comme ça, et ronronner aussi fort.

Ronronner, c’est donner un feedback à l’autre. C’est lui dire « Merci de contribuer à me rendre la vie plus belle ». Et qu’est-ce qui se passe, quand une personne vous donne un feedback pour vous dire que vos actions ont contribué à vous rendre la vie plus belle ? Ben, vous nourrissez son besoin de contribuer, et vous lui donnez envie de continuer à vous rendre la vie plus belle, puisqu’au passage, elle nourrit aussi son besoin de contribuer: tout le monde y gagne !

Les gens qui donnent des feedback, qui savent exprimer leur gratitude, ce sont de très bons coopérateurs, et généralement, on a grand plaisir à coopérer avec eux encore et encore, pour le plaisir de les voir ronronner…

(TIENS, A CE PROPOS : N’hésitez pas à commenter les articles que vous lisez sur ce blog, pour me donner un feedback. J’aimerais notamment avoir votre regard sur 3 choses, pour commencer :
– Est-ce que c’est trop compliqué, ce que je dis, ou bien c’est accessible ?
– Est-ce que c’est ennuyeux, ou ca va ?
– Est-ce que j’ai tendance à faire des articles trop longs, ou trop courts, ou ca va ?)

***

Conclusion

Nous voila à la fin de ce long article sur la morale et la gratitude. Nous avons vu qu’il existait plusieurs manières de catégoriser les comportement des gens, et que cela pouvait avoir quelque chose à voir avec leur capacité à être de bons ou de mauvais coopérateurs, c’est à dire à rembourser ou non les coûts d’opportunité qu’ils font payer aux autres.
Ensuite, nous avons comparé la différence entre l’état d’esprit du mendiant et l’état d’esprit de gratitude, pour souligner combien il pouvait être plus facile de coopérer avec les autres en entrant en relation depuis un état de gratitude.

*

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Un dernier point me semble important à aborder, c’est que je n’ai vraiment aucune intention de culpabiliser qui que ce soit ici, ni pointer du doigt d’ailleurs. Je cherchais juste à partager avec vous un constat, qui a commencé à émerger lorsque j’étais étudiant à Tours: il y avait un type dans la rue nationale que je croisais tous les jours, qui disait bonjour à tout le monde et faisait des compliments à chaque passant, en ayant dans la main un verre dans lequel on pouvait mettre de l’argent si on le voulait.
Et chaque fois que je passais à côté de lui et qu’il me disait bonjour, ou me faisait une blague, cela égayait ma journée. Il m’arrivait de lui donner de l’argent, une pièce ou deux, une fois un billet de 5€. Je ne le faisais pas archi souvent, je ne m’y sentais pas obligé du tout. Juste, j’en avais envie, et j’y prenais plaisir, parce que c’était pour moi une manière de lui dire merci. Merci de faire du bien à tout le monde, merci d’être drôle et de dessiner des sourires. Tu as marqué des milliers d’étudiants, et tu es le pied, mec. Ta voix restera toujours une mélodie dans ma mémoire. Tu m’as appris le pouvoir de la gratitude, car tu savais la faire émerger chez moi et chez tant d’autres…

***

*Je dis généralement car toute règle a des exceptions, et que celle-ci me semblait importante à rappeler. En effet, il peut exister des cas ou parler de ses besoins (surtout si c’est avec l’intention d’être « sexy ») peut être anxiogène pour l’autre, voir mener à des situations de harcèlement.
De manière générale, avant de parler de l’état de ses besoins à quelqu’un, il peut être souhaitable de vérifier que la personne est disponible et a envie de nous écouter en parler. Parce que si ce n’est pas le cas, cela peut être vécu comme une mauvaise coopération par l’autre, en ceci que la personne ne retirera rien dont elle a besoin de la transaction.
Je fais par exemple référence aux tentatives d’érotisation des relations sur les forums en ligne, ou une personne commence à nous parler de ses désirs alors qu’on a rien demandé, et qu’on avait pas du tout envie que l’échange évolue dans cette direction, sans trop oser l’exprimer.

2 commentaires sur “Favoriser la coopération en adoptant un état d’esprit de gratitude, partie II: De la mendicité à la gratitude

  1. Mon feedback :
    – Est-ce que c’est trop compliqué, ce que je dis, ou bien c’est accessible ?
    J’ai trouvé tous les articles que j’ai lu accessibles. Mon esprit a voyagé une ou deux fois à la lecture des coûts d’investissement pour ces 2 articles.
    – Est-ce que c’est ennuyeux, ou ca va ?
    J’ai déjà écrit en commentaire je trouve tes articles intéressants. Je pense que ce sont mes recherches en CNV qui m’ont mené sur ton blog. Toutefois j’apprécie la diversité des thèmes. J’apprends de nouvelles choses comme la zététique que j’ai découvert grâce à toi 🙂
    – Est-ce que j’ai tendance à faire des articles trop longs, ou trop courts, ou ca va ?)
    Je dirai plutôt long. Ceci écrit comme j’aime bien discuté (mon étiquette de « tchatcheuse » ou bavardeuse »), la longueur des articles me convient

    « Tout sacrifice est désintéressé »
    J’ai une opinion différente : Je pense que même pour un sacrifice il y a un intérêt. Cet intérêt me semble ignoré de ceux qui perçoivent le sacrifice de l’extérieur.
    L’exemple biblique (en ce moment j’aime bien) de l’épreuve d’Abraham montre que son sacrifice était intéressé. Pour les personnes qui restent dans une relation violente, il me semble que la contrepartie est la sécurité (même si c’est une sécurité donnée dans le passé).

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