Pratiquer la CNV, ce n’est pas vivre dans un monde de bisounours

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Comme ils sont mignons, ces petits oursons, à s’échanger des œufs dans les nuages du paradis, et à se cacher derrière les arcs en ciel. Dans un tel monde, il ne peut pas exister de violence…
Est-ce dans un tel monde imaginaire que vivent les girafes, ceux qui pratiquent le processus de la communication nonviolente ?

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De l’importance de distinguer l’amour et la violence

« Tout est amour »: une phrase que l’on attribue à Jésus Christ dans l’imaginaire collectif. C’est aussi une phrase que détestent les travailleurs sociaux notamment dans la protection de l’enfance.
Car cette phrase, sortie indépendamment de son contexte, peut en fait se révéler d’une grande violence. C’est un argument qui peut par exemple être avancé par certains pédocriminels pour justifier leurs actes: « Je n’ai rien fait de mal, c’était de l’amour! »

Cette confusion entre l’amour et la violence, c’est ce qui aujourd’hui peut jouer un rôle dans la compulsion de répétition qu’on peut observer chez certaines personnes qui reproduisent encore et toujours les mêmes erreurs en espérant que le résultat sera différent. Qui enchaînent les relations toxiques en imaginant que « cette fois, il ne me fera pas de mal » alors que chaque fois, c’est avec le même profil de personne qu’elles deviennent intimes.

Parce qu’une grande partie des violences du monde sont considérées comme normales, comme nécessaires, voir comme utiles au bon développement de tout un chacun (alors que ce n’est évidemment pas le cas). Parce que la confusion est parfois immense entre la violence et l’amour.

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« Je suis jaloux au point de surveiller les conversations SMS de ma copine et de lire ses SMS quand elle est partie sous la douche. Ce n’est pas de la violence, c’est de l’amour. »

« Je pars toujours marcher dehors dès que mon copain commence à me dire ce qui ne va pas dans notre relation, parce que je n’ai pas envie qu’on se prenne la tête. Je veux prendre soin de moi: ce n’est pas de la violence, c’est de l’amour. »

« C’est moi qui décide de tout ce qu’on fait pendant notre voyage entre amis car ils ne savent pas s’organiser si je les écoute on ne fera jamais rien. Et s’ils sont pas content c’est pareil. Ce n’est pas de la violence, c’est de l’amour. »

« Je ne laisse sous aucun prétexte  mon chat sortir de la maison car j’ai peur que les voisins lui fassent du mal ou qu’il se fasse écraser. Et tant pis si lui il a envie de sortir. Ce n’est pas de la violence, c’est de l’amour. »

« Je met une petite tape sur la main de mon enfant quand il n’obéit pas et qu’il répond à ce qu’on lui dit, parce qu’il faut bien lui apprendre les bonnes manières, il me remerciera plus tard. Ce n’est pas de la violence, c’est de l’amour. »

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Et c’est cette confusion qui amène la plupart d’entre nous à accepter de se sacrifier ou se faire sacrifier parce qu’on se raconte l’histoire que c’est normal, que c’est acceptable, qu’il faut faire des compromis. C’est ce consentement inconscient à la violence, qu’on considère comme étant de l’amour, qui contribue à l’entretenir dans la durée.

Attention ! Je ne suis pas du tout en train de vous dire que vous devriez vous sentir coupable d’accepter des choses inacceptables. Les mécanismes de la violence sont souvent complexes et c’est un véritable travail de les déconstruire.
Ce que je suis en train de dire, c’est que la confusion entre amour et violence… contribue à entretenir la violence dans beaucoup de relations humaines tragiques. 

La violence est l’antithèse de l’amour

Et la première étape pour la réduire est de la nommer comme telle

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La violence est omniprésente dans notre monde

En CNV, on considère que la violence est tellement présente qu’elle est même le langage dans lequel on est conditionné, formaté pour penser, dans nos sociétés humaines. On appelle cela le « langage chacal », le langage de la violence, qu’on est contraint d’utiliser et de transmettre, de génération en génération, comme un virus mémétique qui se diffuse d’hôte en hôte.
J’écrirai un jour un article sur ce processus de transmission de la violence d’un point de vue mémétique. Cependant, cela serait une autre digression qui rallongerait beaucoup le présent article.

« Toute violence est l’expression tragique de besoins insatisfaits »
Marshall Rosenberg

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Les girafes sont donc particulièrement lucides sur l’omniprésence de la violence dans l’expérience de vie de tout être humain sur terre (on pourrait même dire tout être sensible). La violence est donc en fait normale (dans le sens ou elle n’est pas un phénomène pathologique en soi).

D’ailleurs, elle est même parfois extrêmement utile. En accompagnement individuel CNV, la violence est notre outil de travail, parce que le chacal de la personne accompagnée sera notre guide vers ses besoins. C’est en écoutant l’expression de la violence, en prêtant attention aux sentiments et aux besoins qui se trouvent derrière, qu’on va pouvoir la comprendre et lui donner du sens.

C’est la raison pour laquelle Marshall Rosenberg disait que laisser de la place à ses jugements et à sa violence intérieure (plutôt que de les censurer systématiquement par principe) était une vraie compétence psycho-sociale, très utile pour améliorer la qualité de nos relations humaines. Il appelait cela « enjoying the jackal show »: prendre plaisir au spectacle chacal dans sa tête, aux jugements qui émergent dans notre esprit.

Pour l’anecdote, Marshall avait un cahier dans lequel il écrivait parfois durant ses stages.
Sur la page de gauche, il écrivait ses jugements (y compris ceux qu’il ressentait envers les participants des stages, par exemple) et sur la page de droite, il traduisait les jugements pour mieux identifier les sentiments et les besoins derrière.
C’était en gros un outil pour faciliter l’auto-empathie, pour observer ce qui se passe en nous sans s’y identifier (le format écrit permet également une prise de recul plus facile)

En effet, quand on observe nos chacals intérieurs juger (soi ou les autres), on est déjà plus en train de s’y identifier… donc on reste libre. Libre de traduire cette violence (auto-empathie), libre de l’écouter ou de ne pas l’écouter, d’agir ou de ne pas agir.

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Ainsi, pratiquer la CNV ne consiste pas à nier la violence du monde, qu’il peut y avoir en soi ou en l’autre. Elle consiste bien plutôt à utiliser une compétence précieuse, qui est celle de pouvoir traduire cette violence. Révéler les sentiments et besoins qui sont vivants derrière. C’est ce que j’appelle l’alchimie émotionnelle dans cet article.

 

La violence est une interprétation du monde

Ainsi, quand Jésus dit « Tout est amour », il n’est probablement pas en train de dire que la violence n’existe pas. La manière dont moi je comprend cette phrase, c’est que derrière la violence en tant que phénomène manifesté, on peut toujours identifier des sentiments qui sont, chez la personne violente, l’expression de ses besoins, de la vie en elle.

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Et on peut faire ce travail de traduction peu importe à quel point ce qu’à pu faire la personne était violent. En fait, c’est très exactement le principe de la justice restaurative, et de la confrontation victime-auteur, qui permet de sortir de l’essentialisation, de sortir de la posture de bourreau ou de la posture de victime, afin d’entrer en relation d’être humain à être humain (troisième digression possible dans laquelle je ne tomberai pas, bien que ce soit passionnant, parce que je veux être synthétique. J’en ferai un article par la suite)

***

La notion de violence est une notion qui fait référence à un système de valeurs, à une interprétation des données du réel. Autrement dit, ce n’est pas un fait, c’est un jugement. Et comme tout jugement, il peut être traduit en identifiant les sentiments et besoins qui ont conduit à crée cette interprétation.

Par exemple, dans un ménage :

« Ça fait deux semaine que tu m’as pas touchée, tu t’endors comme une masse le soir et c’est hyper violent pour moi. Tu m’aimes plus ou quoi ? »

Traduction: Je suis triste et inquiète car nous n’avons pas fait l’amour depuis deux semaines, et j’ai besoin de clarté pour comprendre ce qui se passe chez toi. Par ailleurs, quand on est intimes tous les deux, je me sens aimée et désirée et cette sensation de me sentir désirée par toi me manque. Est-ce que tu serais d’accord pour m’aider à comprendre pourquoi on s’est éloignés tous les deux ces derniers temps ?

Par ailleurs ce qui, dans un contexte donné, pourra être compris comme étant de la violence pourra, dans un autre contexte, se révéler en fait un signe d’affection. D’où l’importance de distinguer les mots et les choses. Les signifiants et ce qui est signifié.

« Tiens, ya un connard au bout de la rue ! »

Cette phrase n’est pas en soi violente. Elle peut signifier « Je vois une personne que je déteste au bout de la rue » ou au contraire « il y a une personne avec qui je suis très familier au bout de la rue et qui fait partie de mon groupe d’appartenance. Entre nous, on s’appelle connards parce que c’est affectueux »

Bien sur, on pourrait ergoter sur le fait que ce n’est pas anodin d’utiliser un tel signifiant, fut-ce affectueux, et qu’il y a bien ici une certaine forme de violence intériorisée comme étant « normale ». C’est une digression qui serait intéressante à développer, mais je ne vais pas le faire ici (on peut cependant le faire en commentaire)

Il peut être utile de garder cela en tête, pour éviter les cas ou nous interprétons (en tant qu’observateur) une situation comme étant violente, alors qu’en fait ce n’est pas du tout ce qui est en jeu.
Cela peut être également utile de garder la distinction entre amour et violence en tête dans l’autre sens, pour ne pas tomber dans le piège de considérer comme de l’amour ce qui, peut être, a été vécu comme de la violence (voir a été traumatisant, comme on peut l’observer dans les cas de viols conjugaux ou de harcèlement sexuel considérés parfois à tort comme des comportements légitimes – légitimes au sens de conforme à la loi symbolique)

 

Conclusion

La violence existe. Elle est partout, et ne doit pas être confondue avec l’amour.
Par ailleurs, le regard d’une girafe voit sans doute beaucoup plus de violence autour d’elle qu’une personne qui ne pratique pas la CNV, parce qu’elle considérera que derrière chaque inconfort émotionnel de chaque individu sensible, il y a une violence vécue subjectivement par cet individu. 
Cependant, cette violence, elle peut aussi la traduite pour révéler ce qui se trouve derrière de vivant. C’est ce processus de traduction de la violence qui permet de la désamorcer et de nouer des liens humains de cœur à cœur.

Pratiquer la CNV, ce n’est pas être un bisounours,
c’est être un alchimiste.

 

3 commentaires sur “Pratiquer la CNV, ce n’est pas vivre dans un monde de bisounours

  1. « Bien sur, on pourrait ergoter sur le fait que ce n’est pas anodin d’utiliser un tel signifiant [contexte : connard], fut-ce affectueux, et qu’il y a bien ici une certaine forme de violence intériorisée comme étant « normale ». C’est une digression qui serait intéressante à développer, mais je ne vais pas le faire ici (on peut cependant le faire en commentaire) »

    Eh bien, je prélude la danse !
    Je pense – reprends moi si je fais un faux pas – qu’avoir des oreilles de girafe, c’est aussi déceler la violence derrière le signifiant.
    On pourrait penser qu’appeler son prochain « connard », ce serait avoir inconsciemment une pensée violente à son égard : « Je t’appelle connard. Je me dis que c’est affectueux mais en réalité, je banalise une insulte qui est véritablement fondée ». Mais j’ai une seconde idée.
    Parfois, lorsque j’entends les adolescents user des insultes en guise d’apostrophe, je me raconte l’histoire que la langue est le reflet d’un milieu social où la violence des mots est intériorisée jusqu’à devenir le signe d’appartenance au groupe du même milieu social, dévoilant donc une certaine complicité, dénuée de toute intention d’offenser. Le signifié est donc radicalement différent du signifiant que nous entendons d’une oreille bourgeoise.

    Je me demande ce que tu en penses 🙂

    1. Merci pour ton commentaire qui prolonge la réflexion vers une direction intéressante 🙂
      *
      « Je pense […] qu’avoir des oreilles de girafe, c’est aussi déceler la violence derrière le signifiant. »

      Je suis d’accord, dans la mesure ou avoir des oreilles de girafe c’est être à l’écoute de ce que ressentent les personnes qui interagissent. Donc si, lorsqu’un signifiant est utilisé, cela est source d’inconfort émotionnel, alors être présent à ce qui est vivant (écouter avec des oreilles de girafe) devrait nous alerter.
      Cependant, je ne crois pas qu’un signifiant, par essence arbitraire, puisse être en soi violent. Un signifiant n’est violent que parce qu’on lui associe (subjectivement) une signification violente.

      C’est pour ca qu’on peut dire à un chien « Tu es moche, je t’aime pas »: si on lui dit en le caressant et en étant gentil avec lui, en fait, le chien n’a pas accès à la signification symbolique de ces sons, et il va juste comprendre le message implicite qui s’exprime dans les gestes et le ton de la voix de la personne. Pour le chien, ca sera équivalent à entendre un « Oh oui il est mignon le toutou ».

      Par contre, si tu dis au chien « Tu es gentil, je t’aime beaucoup » mais que tu le repousses physiquement et que tu lui tire les poils, il n’aura pas non plus accès à la signification symbolique positive des mots que tu as utilisé, en revanche, il va comprendre par tes actes que tu le rejettes et trouvera sans doute cela inconfortable émotionnellement.

      *
      « On pourrait penser qu’appeler son prochain « connard », ce serait avoir inconsciemment une pensée violente à son égard : « Je t’appelle connard. Je me dis que c’est affectueux mais en réalité, je banalise une insulte qui est véritablement fondée ». »

      Oui, parfois, l’agressivité verbale est une manière de décharger une tension de manière acceptable socialement. Ca me rappelle une citation que j’aime bien qui disait en gros:
      « La société, c’est insulter son voisin au lieu de lui lancer un cailloux »

      On peut envisager que l’amour vache soit une manière « acceptable » d’exprimer sa violence dans une relation d’amour, sans que cela ne fasse trop de dégats. On utilise l’humour pour que « ca passe », on enveloppe notre pilule amer dans du sucre pour qu’elle puisse être avalée plus facilement.

      Il y a aussi le fait que la violence, parfois, peut être agréable. A travers la violence, on recherche de l’intensité, de la résistance, on cherche à faire l’expérience de sa puissance, tout simplement parce que c’est agréable de le faire.
      C’est pourquoi il est toujours intéressant de chercher à identifier l’intention derrière les actions d’une personne. C’est en comprenant son intention qu’on va pouvoir donner du sens à ce qui s’est passé, ce qui a motivé ses actions, les besoins qu’elle essayait de satisfaire.

      *
      « j’ai une seconde idée. Parfois, lorsque j’entends les adolescents user des insultes en guise d’apostrophe, je me raconte l’histoire que la langue est le reflet d’un milieu social où la violence des mots est intériorisée jusqu’à devenir le signe d’appartenance au groupe du même milieu social, dévoilant donc une certaine complicité, dénuée de toute intention d’offenser. »

      Oui c’est exactement ce qui se passe avec les signifiants comme « Queer », « Négro », « Misandre » ou « PD » : Ce sont à la base des insultes que les cibles s’approprient pour désarmer les personnes qui, jusque là, s’en servaient pour « castrer » leurs cibles, pour les diminuer narcissiquement (CN2-)
      Si une personne noire appelle une autre personne noire « Nigger », ca passe, c’est un code social qui est accepté et qui veut plus ou moins dire « frère ». Si une personne blanche appelle une personne noire « nigger », la, c’est déjà différent au niveau symbolique.
      Idem si un gay dit « Je suis PD je m’en fous xD » (humour non oppressif et non sacrificiel), c’est différent de si une personne lui dit « Yo ptit PD ca va ? » (essentialisation de la personne à son orientation sexuelle: peut dans beaucoup de cas être vécu comme oppressif, même si ce n’est pas systématique)

      *
      « Le signifié est donc radicalement différent du signifiant que nous entendons d’une oreille bourgeoise. »

      Oui car le système de valeur n’est pas le même. La manière de donner du sens au monde n’est pas la même. Le rapport au langage n’est pas le même.

      Quand j’étais ado, je passais mon temps à dire des choses comme « t’es gros » ou « espèce de gueux ». Essentiellement parce que j’aimais prononcer ces mots, je les trouvais facile à utiliser.
      Quand je parlais de nourriture que j’aimais pas, je disais que c’était « pas plausible ».
      Cela n’avait de sens que pour moi et mes amis, les autres me regardaient avec de grands yeux parce que c’était débile, pour eux, d’utiliser ces signifiants en dehors de leur sens d’usage dans le récit collectif.

      Aujourd’hui, je n’utilise plus ces signifiants, et je dirais même plus que cela m’agace beaucoup qu’on utilise le signifiant « gueux » car je le trouve dégradant, et je n’aime pas quand quelqu’un dégradé quelqu’un d’autre, puisque j’y vois systématiquement de la violence (qu’elle soit ou non intentionnelle).

      Bref, pour finir, je dirais que pour comprendre ce qu’une personne essaie de dire, indépendamment de la manière dont elle le dit (indépendamment des signifiants qu’elle utlise), ce qui va nous être le plus utile, c’est l’empathie cognitive.
      Et la meilleure manière de faire preuve d’empathie cognitive pour autrui, c’est de ne pas avoir soi-même déjà besoin d’empathie. Car si notre réservoir d’empathie est vide, on va être beaucoup plus prompt à entrer en conflit mimétique, à ne plus chercher à entrer en relation, et plutôt chercher à avoir raison et à donner tort à l’autre…

  2. Merci pour cet article. J’aime la présentation de la CNV. Une remarque : nulle part dans la Bible il n’est dit que « tout est amour ». Par contre, on trouve « Dieu est amour » dans le Nouveau Testament. C’est un peu compliqué car les Grecs avaient plusieurs termes pour désigner ce que nous appelons « l’amour » : vous connaissez au moins « eros » et probablement « agapé ». Mais il y a aussi « phileo ». Voici un lien qui présente une vision chrétienne de ces différences de définition : https://emcitv.com/reinhard-bonnke/texte/dieu-est-amour-2773.html

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