Supprimer l’aversion de notre compréhension de l’esprit pour faciliter la prise de décision? Exemple des violences conjugales

Cette idée m’a été en partie inspirée par des échanges avec Trigor, l’auteur du chant des égrégores. Ce qui m’a notamment aidé à me représenter cette façon de voir le fonctionnement de l’esprit humain, c’est l’allégorie de la barque sur la rivière dans son livre, qui décrit la manière dont les comportements des gens sont déterminés par l’intensité des émotions qui mettent le corps en mouvement. Après je suis bien mal placés pour en parler ici. Bref.

J’ai toujours été formaté à penser en terme d’appétences et d’aversions pour comprendre les comportements des animaux (dont nous faisons partie).
Il y a des choses que l’on désire et que l’on va chercher à obtenir (la nourriture, de l’eau, des rapports sexuels), et des choses que l’on redoute et que l’on va chercher à fuir (la douleur, les émotions inconfortables, les prédateurs…)

Freud lui même résume plus ou moins toute la psychanalyse et tout le psychisme humain à un système chimique déterministe fonctionnant selon deux lois, la loi d’attraction et de répulsion, qu’il appelle ensuite pulsion de vie (libido) et pulsion de mort.
NB: Ma source à ce sujet c’est Irvin Yalom dans l’introduction de Thérapie Existentielle, je n’ai pas été lire les textes de Freud lui même pour confirmer ca, parce que ca me semblait cohérent avec ce que je sais déjà de Freud et sa vision déterministe du psychisme (« Le Moi n’est pas maître dans sa propre maison »), et que j’ai une profonde confiance en Yalom. J’ai donc quelques réserves sur ce paragraphe mais j’ai envie de dire que c’est pas très important. C’était juste pour le fun de citer Freud quoi.

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De la même manière, j’ai souvent été perturbé en réfléchissant au processus de la CNV par le fait qu’il y a des choses « qui contribuent à nourrir des besoins » mais qu’il n’existe pas de terme pour désigner « ce qui ne contribue pas à nourrir un besoin » ou dit autrement « ce qui nuit à un besoin ».

Si on visualise les besoins comme des réservoirs de liquide, nourrir un besoin reviendrait à remplir ce réservoir, et il n’existe alors pas de terme pour désigner le fait de vider le réservoir.

Les échanges avec Trigor m’ont permis de prendre du recul sur cette bizarrerie de la CNV et de m’essayer à un exercice profondément contre intuitif: supprimer purement et simplement le concept d’aversion de ma compréhension de l’esprit. Un peu comme Einstein modifie sa compréhension de l’espace temps en abonnant la croyance en l’espace absolu de Newton.

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Toute aversion suppose en réalité une aspiration cachée

L’idée est simple, et reprend l’une des notions de base de la CNV: toutes nos actions sont des stratégies visant à nourrir des besoins. Ainsi, même la fuite ou la conduite d’évitement ne sont alors plus comprise comme étant motivée par une aversion. C’est une stratégie visant à nourrir un besoin.

Exemple: Si j’ai envie de rester à l’écart d’une foule parce que je suis « agoraphobe » (c’est un mauvais exemple de prendre une phobie pour parler de l’absence d’aversion mais pas grave), en réalité c’est parce que j’ai besoin de me sentir en sécurité. Et je met alors en place la meilleure stratégie à disposition pour nourrir mes besoins de façon générale, incluant le besoin de sécurité.
Toutefois, la conséquence en restant à l’écart de la foule c’est qu’alors j’ai un besoin de liberté qui n’est pas nourri, je me sens contraint dans le champ des possibles, et j’ai tendance à me flageller (« Tu es vraiment ridicule ») et c’est un sentiment très inconfortable.

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Le réflexe de la pensée, qui fonctionne beaucoup par habitude, est alors de dire que la personne sera dans l’évitement de la situation anxiogène pour laquelle elle éprouve de l’aversion, qu’elle va fuir ce qu’elle n’a pas envie de vivre. C’est justement cet automatisme de la pensée que je souhaite déconstruire car il conduit à une impasse.
Cette impasse, c’est d’une part l’escalade de la stratégie d’évitement du stimulus compris comme étant aversif, et d’autre part que cela ne permet en rien de trouver de la motivation pour amorcer une évolution positive dans la vie de la personne. Cela ne rend pas plus créatif pour trouver des solutions à notre inconfort vis à vis de l’état de nos besoins.
En gros, le concept d’aversion n’a aucune utilité pragmatique, ça n’aide pas à comprendre les mécanismes de prise de décision. Pour cette raison, il me parait plus pertinent de s’intéresser:

  1. Aux besoins de la personne dans le processus de prise de décision
  2. Aux différentes stratégies qu’elle peut envisager de mettre en place à partir de sa représentation du monde pour nourrir ces besoins.

Une stratégie est ce qui permet de nourrir des besoins. Par exemple, si je me sens déshydraté, boire un verre d’eau est une stratégie qui me permettra de nourrir mon besoin d’hydratation. Toutefois, dans la réalité quotidienne les stratégies que l’on adopte nourrissent souvent plusieurs besoins à la fois.
Par exemple, être en couple avec une personne permet potentiellement de nourrir des besoins de partage, de connexion, de tendresse, d’amour, de sécurité, de reconnaissance…
Toutefois, je ne nourrirais pas forcément tous ces besoins la avec tout le monde. Chaque relation est unique, et peut plus ou moins nous convenir en fonction de ce dont nous avons besoin (tout le monde n’est pas compatible).
Partant de là, pour comprendre le processus de prise de décision chez l’être humain et sa capacité à faire des choix de vie relationnelle, je fais les deux hypothèse suivante:

  1. Une personne ne changera de stratégie que si elle en trouve une plus satisfaisante pour nourrir ses besoins.
  2. La capacité d’une personne à changer de stratégie dépend des limites de son cadre de pensée, c’est à dire que cela dépend de sa capacité à se représenter concrètement d’autres stratégies possibles pour nourrir ses besoins.

« Une personne ne change de drogue que si elle en trouve une meilleure. [Et moi la meilleure que j’ai trouvé, c’est la communion, facilitée par le processus de la CNV.] »
Isabelle Padovani

 

Les mécanismes de la prise de décision pour sortir d’une relation maltraitante

En fait, cet article m’a aussi été inspiré quand j’ai revu la vidéo de Fred et Marie, la campagne de sensibilisation aux violences conjugales. J’ai été amené à faire un petit ciné-débat sur le sujet avec un groupe de personnes incluant notamment des femmes victimes de ces violences par le passé.

Et a un moment donné une personne explique qu’elle a ressenti un soulagement quand ces violences étaient enfin terminées. J’ai demandé à la personne comment elle avait fait pour se sortir de cette situation toxique, puisqu’il est généralement très difficile pour une personne victime de violences conjugales de pouvoir en parler et encore plus difficile d’en sortir.

Sa réponse m’a un peu découragé sur le moment: Elle m’a expliqué qu’elle s’en est sortie uniquement quand son mari est mort. Autrement dit, elle n’a jamais pu se sortir de la situation, c’est juste que son mari a été emporté par les ravages de l’alcool sur son organisme…

Dans la 2e partie de la campagne de sensibilisation, c’est un Happy End, parce que Marie arrrive à quitter Fred et à s’épanouir de nouveau. Mais c’est une vidéo avec des acteurs, c’est pas la réalité.

Dans la réalité, comment on fait pour s’émanciper d’une relation toxique, qui nous a fait perdre toute estime de soi? Comment on fait, aussi, pour aider une personne quand on observe qu’elle est malheureuse dans son couple qui est en train de la détruire?
Dans un registre moins grave, on peut même se poser la question de la réalisation de tout changement dans notre vie. Qu’est-ce qui fait qu’on fait le choix de changer quelque chose? De changer une habitude, le statut d’une relation, un travail? Et qu’est-ce qui fait que c’est parfois si difficile alors qu’on en aurait pourtant envie ou qu’on a le sentiment que ce serait « le mieux pour nous »?

Bien sur, la réponse à ces questions est à adapter à chaque cas particulier, on ne peut pas appliquer les mêmes réponses théoriques à toutes les situations… Toutefois, l’objet de cet article est bien le processus de prise de décision dans ce type de cas.
Essayons donc de réfléchir à l’exemple des violences conjugales en s’émancipant de la grille de lecture dualiste des l’aversion-appétence et de la voir plutôt d’un point de vue CNV à partir des besoins et stratégie en jeu…

 

1) Tout ce qu’on fait vise à nourrir des besoins

C’est aussi le cas des relations toxiques, ce sont des stratégies visant à nourrir des besoins. La situation fréquente c’est celle ou la femme prend le rôle de sauveur et veut « transformer une épave en honnête homme », parce que ce rôle de sauveur est ce pourquoi elle a été formatée par la société, c’est à dire sa zone de confort (les femmes étant traditionnellement éduquées à mettre leur énergie au service des hommes pour qu’eux puissent aller travailler et avoir des loisirs) qui lui permet d’être rassurée sur le fait qu’elle a bien sa place dans la société.
Toutefois, la raison principale (pas la seule) avancée par les victimes de violence conjugales que j’ai pu observer c’est « J’ai peur d’être seule/ que personne d’autre ne veuille bien de moi ». C’est donc (si on traduit en retirant l’aversion) un besoin de lien et d’acceptation qui est nourri dans la relation violente dans laquelle elles se trouvent.

De la même manière qu’une personne étiquetée « agoraphobe » ressent de l’inconfort en sacrifiant sa liberté (d’aller ou elle veut) pour sa sécurité, une personne victime de violence conjugale ressent ici de l’inconfort en subissant des violences pour nourrir un besoin de lien et d’acceptation qui est pour elle plus important à satisfaire.

La personne aura donc besoin de changer de stratégie pour nourrir son besoin de lien et d’acceptation, si elle veut le faire d’une manière qui n’implique pas de subir de la violence et de la maltraitance quotidiennement, tel que c’est le cas avec sa stratégie actuelle. Cependant, sa capacité à trouver d’autres stratégies est borné par la prison de son imaginaire.

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Pour trouver une autre stratégie dans son environnement réel, il faut déjà qu’elle envisage concrètement qu’une autre stratégie soit possible dans son esprit. Et quand on a plus aucune estime de soi, qu’on pense qu’on ne mérite pas d’être aimé, c’est difficile d’envisager la possibilité qu’une autre personne puisse avoir l’élan de vivre avec nous. Sa perception de la réalité et du champ des possibles est alors totalement déformé et réduit comme si elle regardait l’Océan à travers une tête d’épingle.

 

2) La prison de l’imaginaire et la confusion entre besoin et stratégie

La personne victimes de tyrannie domestique et subissant des violences quotidiennes aura le réflexe de se raconter à elle même une histoire sur la situation qui permet de supporter la douleur en lui donnant du sens, parce que c’est ce que fait le cerveau pour se protéger.
Par exemple « c’est normal s’il me frappe, c’est parce que je le mérite, après tout je ne suis pas une bonne personne. »

Cela vient notamment de ce qu’elle confond besoin et stratégie: elle observe que dans cette relation sont nourris en elle des besoins de lien et d’acceptation, et elle se figure que c’est cette personne et uniquement cette personne qui peut nourrir ces deux besoins qui sont pour elle essentiels.
Autrement dit, dans l’histoire qu’elle se raconte, si elle n’est plus avec cette personne, c’est comme si ces besoins n’allaient plus jamais être nourris, elle ne sera plus jamais en lien et ne sera plus jamais acceptée. Cela revient à se condamner pour tout le reste de sa vie, et c’est un sentiment insupportable.

Elle préfère donc rester dans une relation toxique, qui contribue à nourrir des besoins qui sont pour elle essentiels, plutôt que de renoncer à cette relation et risquer de perdre à jamais la sécurité que lui procure le fait d’être en lien et acceptée par cette personne qui la maltraite.

Sauf que ce sont deux choses radicalement différente, les besoins et les stratégies:
Le conjoint est une personne avec qui elle peut nourrir les besoins de lien et d’acceptation, mais il y a des tas d’autres personnes avec qui elle peut nourrir ces besoins là. Ils sont la, autour d’elle, des personnes qui seraient prêts à l’aimer et l’accueillir, c’est juste qu’elle ne les voit pas à cause des œillères de son imaginaire.

A ce stade, ce qui freine l’élan d’action c’est l’appréhension des efforts à fournir, la difficulté anticipée de reconstruire sa vie. On construit tout un récit sur à quel point c’est fatiguant de construire une relation, de refaire confiance, de ré-ouvrir son cœur après avoir été blessé avec la peur d’être blessé de nouveau… On a peur parce qu’on avance vers l’inconnu et qu’on doit sortir de sa zone de confort pour cela.
C’est le drame paradoxal de ce type de situation: la position de victime devient une zone de confort dont on à peur de sortir parce qu’on a tellement perdu toute confiance en soi qu’aller vers l’inconnu est encore plus effrayant que de subir encore et encore des violences quotidiennes.

Il importe donc que la personne puisse sortir de la prison de son imaginaire, et cela ne se fait pas par magie, mais via un élément déclencheur, que ce soit une conversation avec une personne qui touche un point névralgique du récit, une main tendue au bon moment, ou bien plus dramatique, quand le conjoint va trop loin, qu’il a le geste de trop qui fait qu’on se sent tellement en danger de mort physique qu’on préfère partir (quitte à ce que le besoin de lien et d’acceptation ne soit plus jamais nourri) plutôt que mourir tout court et ne même plus être là pour en parler.
L’élément déclencheur va changer la nature du récit que la personne est en train de se raconter à elle même, ses perspectives vont donc changer également, et le champ des possibles va s’étendre un peu comme l’écran s’élargit dans Mommy.

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3) Ce sont les narratifs qui déterminent le champ des possibles dans notre esprit

Les narratifs sont les prisons dans lesquelles nous sommes enfermés, de la même manière que les personnes qui sont dans la matrice ne peuvent pas en sortir pour découvrir le monde réel.

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Il est impossible de nous passer des processus narratifs qui sont à la base de notre manière de donner du sens à notre vie et de nous inscrire dans une temporalité. En revanche, il est possible de prendre conscience de ces narratifs et d’appliquer sur eux un regard critique, pour éventuellement en changer si on se rend compte qu’il ne nous conviennent plus.
Cela est grandement facilité par le fait de communiquer avec les autres, de s’intéresser aux points de vue différents du sien qui permettent de prendre du recul sur sa propre subjectivité et de s’observer fonctionner, soi et ses automatismes de pensée.

Ce qu’on considère impossible est impossible dans notre système de croyance, ce que j’appelle « la réalité subjective ».
Mais il est essentiel de bien distinguer la réalité subjective de Ce qui Est. Ce qui Est peut être très différent de ce qu’on imagine avec notre subjectivité. La carte n’est pas le territoire.

Ce qui Est existe que l’on y croie ou pas. Nous sommes limités par les contraintes des lois physiques que nous le croyons ou pas (on ne peut pas s’envoler dans le ciel même si on croit qu’on peut le faire).
Mais l’inverse est vrai aussi: il y a des limites qui n’existent que dans notre tête, et pas ailleurs que dans notre tête. Ce sont des limites imaginaires.

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D’ailleurs, l’expression « dépasser ses limites » désigne en fait le fait d’ajuster nos croyances sur nous même à partir de notre expérience.
On ne dépasse pas « nos vraies limites », on modifie juste les croyances erronées que l’on avait sur nos limites, pour les ajuster en fonction de nouvelles données: de fait, les limites qu’on croyait avoir ont été dépassées, ce n’étaient donc pas nos vraies limites. Bref.

***

Les histoire qu’on se raconte déterminent ce qu’on observe. Ce qu’on observe détermine ce qu’on ressent. Ce qu’on ressent détermine nos actes.

Si une femme violentée dans son couple reste en couple, c’est pas par peur d’être seule, on l’a dit c’est pour nourrir un besoin d’être en lien et acceptée, et parce que dans l’histoire qu’elle se raconte elle n’a pas de meilleure stratégie à disposition que son conjoint actuel pour être en lien. Elle n’a donc aucune motivation, aucun affect qui la pousse à le quitter et qui lui permettrait dans le même temps de conserver sa sécurité émotionnelle face au besoin de pouvoir être en lien et acceptée.

Par contre a la seconde ou elle aura une autre stratégie à disposition (par exemple un ami proche, seul et disponible avec qui elle se sent comprise et acceptée également) elle pourra assez facilement le quitter, car le champ des possibles dans son imaginaire a changé en même temps que l’histoire qu’elle se raconte sur comment elle peut nourrir son besoin d’être en lien.

3) Trouver la motivation pour mettre fin à une relation violente

Trouver de la motivation peut aussi passer par le fait de prendre le temps d’observer nos aspirations profondes, ce qu’on rêve de vivre durant notre vie. Et prêter attention au fait que ces aspirations ne sont pas nourries dans la relation que l’on a actuellement.
Cela passe aussi dans un deuxième temps par la capacité à envisager (seul ou avec d’autres personnes) des stratégies pour avancer vers ces aspirations tout en prenant également soin des besoins actuellement nourris par notre stratégie inconfortable.

Dans un système de pensée ou les aversions n’existent pas, il n’y a que des appétences, c’est à dire que des besoins qui sont plus ou moins satisfaits à chaque instant. On ne peut en effet jamais avoir en permanence 100% de ses besoins nourris: l’inconfort fait partie du quotidien de tout un chacun. Il y a cependant une différence entre l’inconfort quotidien et le handicap qui nous empêche de vivre.

Les gens préfèrent souvent être mal accompagnés que seuls quand ils agissant depuis leur besoin de lien. Pour quitter un conjoint et faire face au célibat, il faut donc préférentiellement placer son attention sur un autre besoin que le besoin d’être en lien. Par ex le besoin de calme, de liberté et de sécurité. Quand le célibat devient une meilleure stratégie que le couple actuel pour satisfaire des besoins essentiels, ça devient possible d’envisager une séparation pour la personne « victime ».

C’est notamment ce qui aide certaines femmes à quitter leur conjoint violent sans attendre qu’il ne meurt, quand la survie physique devient plus importante que le besoin d’être en lien et acceptée par le conjoint. Au final, ce qui a changé à ce moment là, c’est juste le besoin « prioritaire », qui a alors pris le contrôle du corps un peu à la manière dont « peur » prend le contrôle de la petite fille dans vice versa au moment ou elle est face à un danger qui est jugé plus important à prendre en compte qu’un autre aspect de sa vie (comme le besoin d’être acceptée par ses pairs).
Toutefois le problème de baser des choix de vie sur une impulsion émotionnelle… c’est que l’émotion elle ne dure pas dans le temps. Et la motivation qui l’accompagne s’estompe avec elle.

C’est ce qui fait que beaucoup de couples violents font de nombreux allers retours (comme Marie qui revient vers Fred plusieurs fois dans la vidéo) parce que la séparation a été motivée par une émotion éphémère et qu’elle n’a jamais été appuyée par un processus narratif qui vient donner du sens à cette séparation, qui aurait permis de rendre la douleur de cette séparation supportable. Au final, une autre émotion reprend vite le dessus, la peur, crée par le besoin de sécurité et de lien qui n’est plus nourri après la séparation… et pour faire taire au plus vite cette peur qui est inconfortable, on se rabat sur ce qu’on connait, la zone de confort de la relation toxique, plutôt que d’oser se mettre en quête d’une nouvelle manière de nourrir nos besoins de lien et d’acceptation…

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C’est en ayant du soutien, en pouvant en parler, que l’on peut faire bouger des narratifs qui sont toutefois fragiles et facile à modifier quand on a commencer à y toucher.
De la même manière qu’il faut un temps pour que le ciment sèche quand on construit les murs d’une nouvelle maison, temps durant lequel les parpaings peuvent encore bouger.

Il faut donc que la personne se trouve dans un environnement contenant et bienveillant, ou elle a de l’empathie et où elle est acceptée dans tous les mouvements de la vie qui la traversent. Que ce soit une prise en charge en foyer adapté, une hospitalisation, ou même simplement en étant entourée par amis et famille. L’important est qu’elle s’y sente en sécurité.

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A ce sujet, voici des numéros utiles pour les situations de violences conjugales:

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Une campagne a également permis d’élaborer une stratégie permettant d’alerter des proches sur des violences conjugales de manière discrète quand on est en difficulté pour en parler, consistant à mettre un petit point noir au crayon sur la paume de la main, facile à retirer pour rester discret (et donc se sentir en sécurité).

Ca me parait bon à savoir si on est victime pour envoyer un signal de détresse, et également bon à savoir si un jour une personne se tourne vers nous avec ce signal, que l’on puisse le prendre en compte pour y répondre de façon adaptée (c’est à dire autrement qu’avec indifférence ou incompréhension)

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Voila, j’avais envie de parler de ce sujet parce que cela m’a affecté de voir combien il était difficile pour une personne victime de violence de s’extraire de la situation du fait de la prison qu’a construit son imagination sur la situation, au point parfois de préférer se laisser mourir ou attendre que l’autre meurt pour être enfin libéré (quand on ne retombe pas derrière dans le même processus relationnel toxique)
Ça me révolte de voir combien d’années des personnes peuvent souffrir parce qu’elles ne savent pas comment s’en sortir.

Je ne suis pas du tout un expert de ce sujet, j’y connais rien et je commence tout juste à m’intéresser aux processus en jeu. Je me suis juste rendu compte que quand on construit un récit depuis la peur, cela va souvent nous paralyser et nous enliser dans des mécanismes qui nous rendent malheureux et deviennent des habitudes parce qu’ils ont un impact majeur sur l’estime de soi.
Alors que quand on construit un récit depuis nos aspirations, cela va au contraire être davantage une source de motivation pour trouver des stratégies permettant de réaliser nos rêves.

Je ne suis pas encore certain de savoir si comprendre ça sera suffisant pour pouvoir accompagner les personnes victimes de violences pour qu’elles fassent le choix de changer de vie, mais je vais m’y intéresser de près, et si ça marche, je le crierai sur tous les toits !

En attendant, je m’excuse si je dis des choses maladroites, violentes ou blessantes. Si c’est le cas, hésitez pas à me le dire et je pourrai modifier le texte en fonction.

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